vendredi 9 septembre 2011

SI (août 2010) ... ALORS (sept 2011)

S

Ce n’est peut-être pas tant qu’à un moment de l’histoire de l’art, des artistes aient souhaité confondre l’art et la vie (ou « dissoudre l’art dans la vie quotidienne »), c’est je crois, plus précisément et simplement, que devant l’exigence de tout médium, il est apparu que la vie pouvait très bien en être un, aussi délicat et épuisant que d’autres.

L’art ne s’est pas dissous (ou il n’a pas été tenté de dissoudre l’art) dans la vie quotidienne. C’est plutôt le contraire qui a été tenté. La vie quotidienne, elle, n’a pas attendu les artistes pour se mettre à l’art. L’art n’a pas non plus été confondu avec la vie, ni même n’a rendu la vie plus intéressante que l’art, ni encore n’a été la ruse permettant de faire de sa vie un art.
Plus simplement peut-être, il s’est agi de faire de l’art avec sa vie. Comme on pourrait dire peindre sa vie, écrire sa vie, … mais hors médium, ou sans autre médium que la vie elle-même. Faire sa vie.

Tout le monde le fait mais sans ressentir le besoin de passer par l’art (d’où la confusion de la question de « tout le monde est un artiste »). Peut-être que la vie est devenue un medium de l’art depuis que la vie d’artiste n’est plus celle qu’on rêvait d’antan (et qui a peut-être été), pour devenir celle d’un petit stratège en marketing de soi, puis d’un cadre installé – forme d’art comme une autre.

Je ne fais pas de ma vie un art, je fais de l’art avec ma vie, quelque chose qui file entre toutes choses.

           ... 

A

Cet empêchement qui me faisait considérer la vie comme la matière la plus digne de l’art, comme « valeur » capable de donner à l’art une validité (pour ne jamais accepter de produire une forme uniquement artistique mais toujours un peu trempée de « vivant »), commence à se dissiper.

Après avoir compris qu’une exposition et un public pouvait se rencontrer sans que l’artiste ait quelque chose à voir dans cette relation, la possibilité qu’une forme ne soit pas connectée avec l’existant, le réel mais au contraire, soutienne juste son existence d’élément autre, m’est devenue une condition de l’art.

Plus simplement que l’art fasse partie du vivant, il le peut tout aussi bien en tant que production d’objet qui a lieu sur la Terre sans avoir besoin de mentionner à un moment de cette production ce lien (qui d’ailleurs à être souligné produit sans doute un effet de séparation plutôt que de relation). Pour rentrer dans le vivant (plutôt que d’en venir ou d’en forcer le contact) il faut sans doute à une œuvre une autonomie suffisante, une intégrité qui puisse soutenir et supporter un déplacement.

Finalement le rapport sensible ne change pas, ce qui se déplace c’est son temps, d’un passé ou d’un présent du vivant (provenance ou contact), j’observe une hypothèse, comme un après pour l’œuvre : rester de l’art ou devenir un objet du monde, ce qui est à peu près la même chose.  Une forme du vivant (qui dialogue pas si mal avec un vivant en forme - qui la tient).