dimanche 12 juin 2011

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Les super-héros sont urbains, il n’y en a pas à la campagne. Ils sont des villes, il leur faut des immeubles. La seule particularité des super-héros, c’est finalement de ne pas céder aux facilités communes du vertical : un super héros est celui qui ne prend ni escalier, ni ascenseur.

Le seul souci entre le dedans et le dehors – et sans doute la seule tenue de ce système – c’est qu’on ne peut pas passer de l’un à l’autre sans transition (ce qui garantit peut-être, une part du choc imaginaire de ce couple). Ce choc le super-héros l’active, il en est le corps. Par la fenêtre, nous voyons le dehors à partir du dedans, lui, le super-héros, il passe, il saute le regard.

Le pouvoir, c’est que rien ne doit soumettre la nécessité de la cause, on ne sauve pas le monde en respectant les usages, on redessine aussi la carte, il restera toujours assez d’embûches, des vraies, dans l’urgence du sauvetage. Ainsi pas de super-héros en maison, car s’il n’y a pas à sauter dans le vide, il n’y a pas réellement d’engagement.
Aussi cette nature définit cette catégorie de personnages, comme ceux d’une mythologie, qui se joue de la verticalité (mais qui ne peut jouer que là), celle d’une époque où la campagne a cédé : une mythologie des villes, où s’émanciper, c’est faire le mur.

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