mercredi 24 septembre 2008

La morsure de la veste



Deux choses

Déjà je me dis comme je me le dis depuis longtemps et me préparait sans doute à le penser bien avant même d’en penser quoi que se soit, je me dis que toutes ces choses que je fais, la manière de les faire n’est possible qu’à condition de ne pas chercher à les produire vers ou avec une intention promotionnelle.

J’ai longtemps critiqué et vu d’un mauvais œil, alors même que je m’y promenais et m’y promènerai sans doute longtemps, les expositions d’artistes pour ce qu’elles transpiraient du travail non pas de l’art, mais de l’artiste pour arriver là, pour en être…
Sûr qu’on peut y arriver sans effort et ce n’est pas tant la transpiration d’un effort qui m’indisposait, ça j’aime assez bien, mais plutôt celle de l’inquiétude d’être perdu en art si on ne vient pas se perdre dans le lieu commun, disons, le lieu connu de l’art.
Sans effort, c’est qu’il se peut très bien qu’on nous y dépose, pour ce qui est d’y rester, je pense qu’il faut le vouloir et s’en inquiéter.
S’il faut s’acheter une veste.

À chaque visite, promenade d’art, sans même y penser, une part de ce qui est là est ailleurs ; dans le désir de plaire là où il est plaisant de voir. Une part de l’art proposé est dans autre chose : dans le vouloir être artiste là où la reconnaissance a lieu, la préfecture de l’art.
Déclaration et attente des papiers.

Je concevais comme une évidence que l’exposition empêchait l’artiste de travailler alors qu’un artiste aimé de tous et pour de bonnes raisons (Alain Séchas), pouvait dire comme introduction à une conférence aux Beaux-arts de Paris en 2005 ou 06 « l’artiste dont l’activité principale est de faire des expositions », sans que personne ne bronche…

Je percevais très bien ce qui sur le terrain de l’ennemi n’était pas pour moi mais je ne sentais pas aussi bien qu’aujourd’hui ce que tout simplement cette abstention permettait sur mon terrain à moi.

Si une part de mon temps d’artiste se dépensait à chercher à faire voir, connaître et apprécier publiquement mon travail, à travers la réalisation de toutes sortes de démarches promotionnelles, je ne pourrais pas travailler à ce que je tente de mettre en place : une attention soutenue également et de chaque instant à tous les endroits que mes recherches convoquent ainsi qu’une sérieuse prise en compte de toutes les personnes qu’elles touchent.

Une morsure en étoile plutôt qu’une promotion focalisant sur un point.

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À l’idée que bientôt ma représentation publique enseignante va bientôt reprendre, que les lendemains du premier jour de ces week-ends de travail, au matin je m’offre souvent une pâtisserie - ce que je ne fais plus du tout à Paris - que depuis l’année dernière je ne dors plus dans les couvertures communes (dont la pouillerie n’est qu’une réputation vu qu’effrayés par elle, mes collègues ne les fréquentent que de loin) mais dans un duvet Pyrenex avec lequel Albane est partie en Islande, et qu’en fin d’année, sans doute l’énergie venant à manquer, j’ai même changé de boulangerie… à savoir que tout cela va reprendre pareil et autrement, je jubile tranquillement.

La boulangerie du grand boulevard qui donnait comme un guichet directement sur la rue commençait à être trop loin vu la qualité des produits et malgré la gentillesse de la vendeuse. J’ai retrouvé le chemin, pourtant bien connu mais plus de biais que le trajet du boulevard, de cette boulangerie encore plus proche de l’école et qui avait la particularité de proposer des crêpes à une époque où cette qualité suffisait presque au bonheur d’une partie de ma vie… destination assez évidente maintenant que cette boulangerie devient ma principale.

Voilà à quoi je laisserai toujours assez joyeusement des ambitions lumineuses.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Chic alors, j'adore lire tes cheminements de pensée.
Mon école, elle, est située juste en face de la poste et de sa boîte aux lettres, ce qui me rend aussi régulièrement heureuse. Pour ce qui est des boulangeries, rien n'est plus possible, je n'aime pas les pains au chocolat belges. Restent les marchands de gauffre, pas mal.

sm a dit…

Quelle chaleur d'un coup, un petit peu d'Elisabeth Corblin... T'es encore à l'école ? Tu repiques ou quoi ?...

Je t'embrasse

s