
À propos de la capitale de la Lorraine et d’un trou dans la terre
Bon alors je me lance : donc une œuvre parfaite, celle du regardeur, l’hystérie douce, comme j’aime la vivre ; être la personne dont on a besoin à un moment. Correspondre, servir à tout, pince multiprise, clef anglaise : voilà, moi aussi, que cette personne me permet une transposition, mais ce n’était pas l’objet. Seulement avec l’objet dans la main (le recueil de textes rallongeant la vie de NC, dans la limite de 2264), je comprends mieux l’histoire. Non pas ce que tu y as placé, ni les autres (j’ai pas encore été au bout, j’en suis à Mangion, bon Goumarre dit assez simplement où il veut en venir, les Trouble s’autopromeuvent conservateurs d’archives incontournables pour décrypter l’art, les leurs, passons : NC est bien archéologue…), mais l’origine du projet. Bon mais toi, mon ami, alors toi, de quelle mystérieuse affaire as–tu souhaité nous entretenir sur le dos de cette bonne vieille Nancy, femme à tout être ?
Dans cette aventure, j’y vois bien du Sphère, tu sais quand Samuel Jackson avec un curieux penchant à lui perçoit un bout de Sharon Stone avec lequel elle ne voit pas l’autre version de Dustin Hoffman qui lui même comprends que la face cachée de Sam… à cause de la boule magique… ou mon ami Hergès qui curieusement répondait la plus limpide et la plus obscure des répliques à l’ami de Catherine Tiraby le soir du vernissage de le havre : « Ce qu’on regarde c’est notre reflet, on est ce qu’on regarde, l’autre fois à Décathlon, je vois un vélo : Rockrider, voilà, j’étais ça (Olivier vit dans la forêt de Fontainebleau, il attend un peu les extra-terrestres… comme David), le monde est un miroir. »
Sur le coup j’ai pas bien compris, je me suis dit il exagère de dire ça à un mec qu’il ne connaît pas, mais pourquoi perdre son temps en politesse, j’ai réfléchi et j’ai saisi qu’Olivier ne pouvait pas avoir tort : je regarde la route, je suis la route, je regarde le ciel et je suis dans la lune, je regarde ma meuf, je vois mon amour… lui-même se voit en Marcel Courchant.
Bon, deux paragraphes et je ne t’ai pas fais beaucoup avancé, juste j’ai compressé des choses que tu savais sans doute déjà et je ne pourrai t’envoyer un texte qui ne dit rien de plus.
Ce qui est paralysant dans cette histoire, c’est souvent le cas avec les bonnes histoires, c’est qu’il devient difficile d’imaginer quelque chose, d’art ou pas, qui ne serait pas cratérisé (ce mot existe dans le dictionnaire word…). Cette matière qui commençait assez mal sa carrière, femme du professeur, qui n’avait donc au début qu’un prénom, qui n’était qu’un prénom, joua si bien son second rôle qu’elle absorba bientôt tout le vaisseau (l’Enterprise Nancy Crater Crater 1701) et l’épisode avec.
Pourtant je t’assure qu’au moment où, dès la deuxième ligne, je me laisse absorber moi aussi par le pouvoir de Nancy Crater, un embranchement devait me permettre d’énoncer une chose, que je ne retrouve pas… je comprends maintenant pourquoi tu as invité une autre personne pour parler du cas Crater, ce trou noir de l’inspiration, mais déjà (et tu sais que ça arrive en temps réel, que je ne me permettrais pas de te refiler un scénario bien pensé), convoquer ta ruse me remet la mémoire en place : le maillot de bain universel, comme projet d’ajustement utopique, finalement Nancy le réalise.
Et elle peut devenir le maillot de bain parfait, il suffit de la voir tel, et elle peut devenir la femme au maillot de bain parfait (quand bien même on lui aurait offert un vieux pull à la place) et alors même complètement nue, elle continuerait à tout bien porter…
Je ne m’en sors vraiment pas : je viens d’entrer dans Shallow hal, des frères Farelli.
Je travaille en ce moment sur les choses dans lesquelles on entre, mais dont on ne peut sortir, ou alors sortir peu (tenter d’en garder un peu sur soi…) : Le Havre, un sexe, … les cratères ?
Peut-être, je viens d’écrire l’introduction d’un texte pour une éventuelle édition de le havre, encore une fois en marchant un peu sur le territoire de quelqu’un, en emboîtant ton pas en tout cas, car c’est la deuxième fois dans ce texte qu’une idée me revient en suivant le fil d’un de tes textes. Le pire c’est, pour reprendre une histoire que tu m’as toi-même produite et qui est celle que recouvrait le maillot de bain : Nancy Crater, ne serait-ce pas le nom de ce territoire qui n’a pas de territoire propre pour mieux pouvoir prendre ou accueillir celui des autres ?
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